Un mur de refend est un mur porteur intérieur qui structure verticalement votre bâtiment : il reprend le poids des planchers et participe à la stabilité d’ensemble. Le modifier sans précaution peut provoquer fissures, affaissements ou fragiliser durablement la construction. Avant d’ouvrir, déplacer ou percer un mur de refend, vous devez identifier sa nature, comprendre son rôle et faire réaliser une étude structure par un professionnel. Cette fiche vous donne les clés pour reconnaître un mur de refend chez vous, comprendre les règles de calcul, savoir ce qui est faisable en rénovation et anticiper le budget nécessaire.
Comprendre le mur de refend dans la structure d’un bâtiment

Un mur de refend se distingue d’une simple cloison par sa fonction porteuse et son rôle dans la stabilité générale. Savoir le reconnaître et comprendre ses missions vous permet de dialoguer sereinement avec les artisans et bureaux d’études, et d’éviter les erreurs coûteuses.
Identifier un mur de refend chez vous sans se tromper
Un mur de refend présente généralement une épaisseur importante, souvent 15 à 20 cm ou plus, et traverse le bâtiment de façon continue, d’un plancher à l’autre. Il se situe fréquemment au centre ou en position stratégique pour diviser les pièces. Vous pouvez repérer des indices visuels : des poutres ou planchers qui s’appuient dessus, des chaînages verticaux apparents, ou encore une position alignée sur les étages dans un immeuble.
Attention, l’épaisseur seule ne suffit pas : certaines cloisons épaisses existent en plaques de plâtre doublées ou briques creuses. À l’inverse, un mur mince peut parfois être porteur dans certaines constructions anciennes. Seul un diagnostic réalisé par un ingénieur structure ou un architecte permet de lever toute incertitude avant d’entreprendre des travaux.
Rôle porteur, contreventement et différence avec mur porteur
Le mur de refend remplit deux fonctions principales. Il reprend verticalement les charges des planchers supérieurs, des cloisons, du mobilier et des occupants, puis les transmet aux fondations. Il assure également le contreventement, c’est-à-dire la résistance aux efforts horizontaux comme le vent, les poussées de terrain ou les secousses sismiques.
Contrairement à un mur porteur de façade qui constitue l’enveloppe extérieure, le mur de refend est généralement intérieur et structure la distribution des espaces. Il travaille en complémentarité avec les autres éléments porteurs pour garantir la rigidité globale du bâtiment. Un immeuble ancien peut comporter plusieurs refends parallèles, tandis qu’une maison individuelle possède souvent un ou deux refends principaux.
Pourquoi toucher à un mur de refend peut être dangereux
Modifier un mur de refend sans étude préalable expose à des risques structurels graves. Les charges qu’il porte se redistribuent immédiatement lors de toute intervention, et l’absence de renfort adapté provoque fissures en escalier, affaissement des planchers, déformations des huisseries ou même effondrement partiel dans les cas extrêmes.
Le danger est souvent insidieux : les premiers désordres peuvent apparaître plusieurs semaines ou mois après les travaux, rendant difficile le diagnostic des causes. La réglementation impose donc, dans la plupart des cas, une étude structure par un ingénieur qualifié, ainsi qu’une assurance décennale de l’entreprise intervenante. Les assurances habitation refusent généralement de couvrir les sinistres liés à des travaux non déclarés ou mal réalisés sur éléments porteurs.
Calcul, dimensionnement et matériaux d’un mur de refend
Comprendre les principes techniques qui régissent un mur de refend vous aide à mieux appréhender les choix proposés par les professionnels et à anticiper les contraintes de votre projet. Voici les ordres de grandeur et matériaux courants.
Épaisseur, longueur et reprises de charges : les grands principes de calcul
Le dimensionnement d’un mur de refend obéit aux Eurocodes, normes européennes de calcul des structures. L’épaisseur minimale dépend de plusieurs paramètres : hauteur sous plafond, portée des planchers qu’il supporte, nature des charges (habitation, bureaux, stockage) et présence d’ouvertures.
En maison individuelle courante, un mur de refend mesure généralement entre 15 et 20 cm en béton, ou 20 cm en blocs creux chaînés. Pour un immeuble collectif, l’épaisseur peut atteindre 25 à 30 cm selon les niveaux portés. La longueur du mur joue également : un refend trop court ou interrompu perd en efficacité pour le contreventement et nécessite des raidisseurs ou poteaux de renfort.
Les reprises de charges s’effectuent par des appuis directs (poutres reposant sur le mur) ou des dispositifs d’ancrage (scellements métalliques, chaînages). Tout point de concentration de charge (poutre, linteau, poteau) doit faire l’objet d’un calcul spécifique pour éviter l’écrasement local du matériau.
Mur de refend en parpaing, brique ou béton armé : que choisir
Le béton armé banché offre la plus grande résistance mécanique et s’impose pour les refends fortement sollicités, en immeuble ou en zone sismique. Il permet de réaliser des murs minces et rigides, mais nécessite un savoir-faire en coffrage et ferraillage.
Les blocs béton creux (parpaings) sont très répandus en maison individuelle pour leur bon rapport coût-performance. Ils exigent des chaînages horizontaux et verticaux en béton armé pour assurer la stabilité, ainsi qu’un remplissage béton des alvéoles sur certaines hauteurs.
La brique porteuse (terre cuite) reste prisée dans certaines régions pour ses qualités acoustiques et thermiques. Elle demande une mise en œuvre soignée avec mortier adapté et chaînages, et convient bien aux maisons de plain-pied ou R+1.
| Matériau | Épaisseur courante | Avantages | Usages typiques |
|---|---|---|---|
| Béton armé | 15 à 25 cm | Très résistant, mince | Immeuble, sous-sol, zone sismique |
| Parpaing (bloc béton) | 20 cm | Économique, rapide | Maison individuelle |
| Brique porteuse | 20 cm | Acoustique, thermique | Maison traditionnelle |
Comment le mur de refend s’articule avec les planchers et fondations
Un mur de refend doit reposer sur des fondations dimensionnées pour reprendre ses charges verticales et les transmettre au sol. En maison, il s’agit généralement de semelles filantes en béton armé, continues sous toute la longueur du mur. En immeuble, on peut trouver des longrines ou radiers si le sol présente une faible portance.
Le plancher s’appuie sur le mur de refend par l’intermédiaire de dispositifs adaptés au type de plancher : appui direct pour dalle béton, sabots métalliques ou scellements pour poutres bois, entrevous porteurs pour planchers à poutrelles. La liaison doit être suffisamment rigide pour transmettre les charges sans tassement différentiel.
Une erreur fréquente consiste à poser un mur de refend sur une dalle flottante ou chape rapportée, créant une rupture de continuité. Le mur doit impérativement descendre jusqu’à la dalle porteuse ou les fondations pour assurer la transmission correcte des charges.
Ouvrir, déplacer ou supprimer un mur de refend en rénovation

Vos envies d’espace ouvert ou de redistribution des pièces se heurtent parfois à la présence d’un mur de refend. Voici ce qu’il faut savoir pour mener à bien votre projet en toute sécurité.
Comment savoir si l’on peut créer une ouverture dans un mur de refend
La faisabilité d’une ouverture dépend de l’épaisseur du mur, de la portée des planchers au-dessus et des charges qu’il supporte. L’ingénieur structure calcule un linteau ou une poutre métallique (IPN, HEB, IPE) pour reprendre les charges détournées par l’ouverture et les reporter sur les parties restantes du mur.
La largeur d’ouverture possible varie selon les cas : de 80 cm pour une simple porte jusqu’à 3 ou 4 mètres pour une ouverture salon-cuisine, à condition de disposer de suffisamment de mur de part et d’autre pour ancrer la poutre. Certaines configurations limitent fortement l’ouverture : immeuble ancien avec planchers bois très chargés, refend portant plusieurs niveaux, mur très sollicité en contreventement.
L’ingénieur prend aussi en compte les ouvertures existantes à proximité, car elles fragilisent déjà le mur. Une succession d’ouvertures rapprochées peut nécessiter plusieurs poutres ou un renfort global par poteau intermédiaire.
Quelles autorisations et démarches pour modifier un mur de refend porteur
En copropriété, toute intervention sur un mur porteur touche aux parties communes et nécessite l’autorisation de l’assemblée générale des copropriétaires, généralement après présentation d’un dossier technique validé par le syndic et l’architecte de la copropriété. Certaines copropriétés imposent également une garantie financière ou caution.
En maison individuelle, aucune autorisation administrative n’est requise si les travaux restent intérieurs et n’affectent pas la façade. En revanche, si vous modifiez une ouverture visible de l’extérieur ou la structure apparente, une déclaration préalable de travaux ou un permis de construire peut être exigé par votre mairie.
Votre assurance habitation peut conditionner sa garantie à la réalisation d’une étude structure et à l’intervention d’une entreprise assurée en responsabilité civile décennale. Conserver les plans, notes de calcul et attestations d’assurance est indispensable en cas de revente ou de sinistre ultérieur.
Étapes clés des travaux sur mur de refend, du étaiement aux finitions
Les travaux démarrent par un étaiement soigné des planchers et éléments portés. L’étude structure définit le nombre, la position et la charge admissible des étais, généralement des étais métalliques télescopiques ou bois massifs. Cet étaiement reste en place durant toute l’intervention.
L’ouverture du mur se fait progressivement, par petites sections, pour éviter les chocs et vibrations. La poutre métallique ou le linteau béton est ensuite positionné dans la réservation prévue, calé avec précision et scellé au mortier ou béton de scellement. Les appuis de part et d’autre doivent respecter une longueur minimale calculée pour assurer la reprise des charges.
Après durcissement complet du scellement (généralement 28 jours pour un béton), les étais peuvent être déposés progressivement, en surveillant l’absence de déformation. Les finitions (enduits, doublages, peintures) ne démarrent qu’après cette phase de stabilisation. Un contrôle visuel régulier pendant les semaines suivantes permet de détecter tout désordre naissant.
Coûts, erreurs fréquentes et conseils pratiques autour des murs de refend
Pour mener à bien votre projet, vous devez cadrer votre budget, éviter les pièges courants et surveiller les signaux d’alerte dans votre logement. Voici les points essentiels à retenir.
Combien coûte une ouverture ou un renfort sur mur de refend
Le budget pour créer une ouverture dans un mur de refend se décompose en plusieurs postes : étude structure par un ingénieur (entre 800 et 2 000 euros selon la complexité), fourniture et pose de la poutre métallique ou linteau, étaiement, maçonnerie et finitions.
Pour une ouverture standard de 2 à 3 mètres en maison individuelle, comptez entre 3 000 et 8 000 euros tout compris. En immeuble collectif ou pour des ouvertures de grande portée, le budget peut dépasser 10 000 à 15 000 euros, en raison des contraintes d’accès, de l’épaisseur du mur et des exigences de la copropriété.
Prévoyez également un budget pour les reprises de sols (carrelage, parquet à raccorder), l’électricité à déplacer, les doublages thermiques et acoustiques et les éventuelles études complémentaires si des surprises apparaissent en cours de chantier (poutre cachée, réseau non identifié).
Erreurs à éviter absolument sur un mur porteur ou mur de refend
Ne jamais percer ou réaliser de saignées profondes dans un mur de refend pour faire passer des gaines électriques, tuyauteries ou ventilations sans accord préalable. Ces percements affaiblissent localement le mur et peuvent provoquer des fissures si mal positionnés.
Autre erreur classique : déposer une portion de mur avant la mise en place des étais ou sous-dimensionner les étais par souci d’économie. Le plancher risque alors de s’affaisser brusquement, avec des conséquences graves pour la structure et la sécurité des occupants.
Se fier aux seuls plans d’origine, même récents, sans vérification sur site est également risqué. Des modifications antérieures non déclarées, des matériaux différents ou des pathologies cachées peuvent invalider les hypothèses de calcul. Toujours faire réaliser un relevé et un diagnostic avant travaux.
Signes de fragilisation d’un mur de refend à surveiller dans le temps
Plusieurs indices doivent vous alerter sur une possible fragilisation d’un mur de refend. Des fissures en escalier qui suivent les joints de blocs ou briques signalent souvent un tassement différentiel ou une surcharge. Des portes qui coincent ou des planchers qui se creusent indiquent un affaissement progressif.
Des craquements inhabituels, des désaffleurements au niveau des plinthes ou corniches, ou encore des fissures horizontales en partie haute du mur peuvent révéler un problème de contreventement ou de dilatation thermique non maîtrisée.
En cas de doute, faites réaliser un diagnostic structure par un professionnel indépendant. Il objectivera la situation par des mesures, sondages et calculs, et préconisera si nécessaire des travaux de renforcement : ajout de poteaux, reprise en sous-œuvre, injection de résine, pose de tirants ou cerclages métalliques. Intervenir rapidement évite l’aggravation des désordres et limite les coûts de remise en état.
Un mur de refend n’est pas un obstacle à vos projets de rénovation, mais un élément à respecter et à intégrer intelligemment. Avec une étude structure sérieuse, des professionnels qualifiés et un budget réaliste, vous pouvez transformer votre intérieur en toute sécurité. Gardez à l’esprit que la solidité de votre logement dépend de ces murs : les faire évoluer dans les règles de l’art, c’est préserver votre patrimoine et la sécurité de tous.
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