Écologie & Énergie

18 centrales nucléaires en France, 57 réacteurs et une confusion à éviter

Élise Malécot-Bourdelle 7 min de lecture

La France compte 18 centrales nucléaires en activité, réparties sur le territoire métropolitain. Ces sites regroupent 57 réacteurs nucléaires en service. La différence compte vraiment : une centrale est un site industriel, tandis qu’un réacteur est l’unité qui produit l’électricité.

Cette distinction explique pourquoi les chiffres varient selon les articles consultés. Certains parlent des centrales, d’autres des réacteurs, d’autres encore incluent les installations arrêtées, en démantèlement ou en projet. Pour répondre correctement à la question « combien de centrale nucléaire en France », il faut donc préciser le périmètre. Ici, il s’agit des centrales électronucléaires françaises en activité.

Le chiffre à retenir : 18 centrales nucléaires en France

Le parc nucléaire français en exploitation comprend 18 centrales. Avant la fermeture de Fessenheim en 2020, la France comptait 19 centrales et 58 réacteurs, selon Connaissance des Énergies. La fermeture de cette centrale alsacienne a donc modifié le comptage des sites et des réacteurs en fonctionnement.

Ces 18 centrales ne correspondent pas à 18 réacteurs. La plupart des sites en accueillent deux, quatre ou davantage. C’est le principe d’un parc organisé par sites, où plusieurs unités de production partagent des infrastructures, des équipes et des raccordements au réseau électrique. Cette logique de site explique aussi pourquoi le chiffre des centrales reste stable alors que le nombre de réacteurs peut évoluer.

Indicateur Chiffre à retenir Ce que cela signifie
Centrales nucléaires 18 Nombre de sites nucléaires de production d’électricité en activité
Réacteurs en service 57 Unités de production réparties dans ces centrales
Puissance installée 61,4 GW à près de 63 GW Selon que l’on compte ou non l’EPR de Flamanville dans le périmètre considéré
Production nucléaire 361,7 TWh Production d’électricité d’origine nucléaire en France indiquée par EDF pour 2024

Centrale ou réacteur : la différence qui change tout

Une centrale est un site, un réacteur est une unité de production

Une centrale nucléaire désigne un site industriel complet : bâtiments réacteurs, salles des machines, installations de refroidissement, raccordements électriques, zones de contrôle et équipements de sûreté. Un réacteur nucléaire, lui, est l’installation où se produit la réaction nucléaire qui fournit la chaleur nécessaire à la production d’électricité. Le comptage n’a donc pas la même logique selon que l’on parle du site ou de l’unité technique.

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Dans le parc français, les réacteurs en service sont principalement des réacteurs à eau pressurisée, souvent abrégés REP. Cette technologie utilise l’eau à la fois comme fluide de refroidissement et comme modérateur. Pour un lecteur non spécialiste, l’idée la plus simple est la suivante : le réacteur produit de la chaleur, cette chaleur permet de générer de la vapeur, et la vapeur entraîne une turbine qui produit de l’électricité.

Pourquoi voit-on parfois 18, 57 ou 58 ?

Le chiffre de 18 répond au nombre de centrales. Le chiffre de 57 correspond aux réacteurs nucléaires en service dans le parc actuel. Le chiffre de 58 renvoie à l’ancien parc avant la fermeture de Fessenheim, qui comptait deux réacteurs. Ces variations ne sont donc pas forcément des erreurs : elles viennent souvent d’un périmètre différent ou d’une information non mise à jour.

L’EPR de Flamanville ajoute aussi une nuance importante. EDF indique une puissance de 1 600 MW pour ce réacteur, avec un taux de disponibilité de 91 % et une production annuelle d’électricité annoncée comme 36 % supérieure à celle des réacteurs actuels. Son arrivée augmente la puissance du parc, mais elle ne crée pas une nouvelle centrale, puisque Flamanville était déjà un site nucléaire existant.

Où se trouvent les centrales nucléaires françaises ?

Les centrales nucléaires françaises sont réparties sur l’ensemble du territoire métropolitain, avec une présence importante le long des grands cours d’eau et sur certains sites côtiers. Cette implantation répond à des besoins techniques, notamment le refroidissement, le raccordement au réseau et la proximité des zones de consommation électrique. Le parc n’est donc pas concentré en un seul point, mais réparti par sites sur plusieurs régions.

Parmi les sites connus figurent notamment Flamanville, Gravelines, Paluel, Penly, Chinon, Bugey, Saint-Laurent-des-Eaux, Chooz, Cruas, Tricastin, Dampierre, Belleville, Nogent, Cattenom, Civaux, Blayais, Golfech et Saint-Alban. Ces noms reviennent souvent dans les cartes du parc nucléaire, car ils correspondent aux lieux où sont regroupés les réacteurs électrogènes en activité. Cette liste donne un repère concret pour visualiser le parc français.

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Regarder une carte du parc nucléaire aide aussi à comprendre la place de ces sites dans le pays. Deux régions peuvent consommer la même électricité sans afficher la même densité d’installations, les mêmes lignes de transport ou les mêmes bassins d’emploi spécialisés. Le nucléaire n’est donc pas seulement un chiffre national : c’est un ensemble de sites, d’infrastructures électriques et de compétences locales qui s’inscrivent dans la géographie française.

Production, puissance et poids dans l’électricité française

Une puissance installée parmi les plus élevées au monde

EDF indique une puissance installée de 61,4 GW pour le parc nucléaire français. Connaissance des Énergies mentionne également une capacité de 61,4 GW sans l’EPR de Flamanville, et de près de 63 GW en l’incluant. Cette différence illustre encore l’importance du périmètre retenu : un même parc peut être présenté selon l’état de couplage au réseau, de mise en service ou de prise en compte dans la capacité totale.

La puissance installée ne doit pas être confondue avec la production annuelle. La puissance mesure la capacité maximale théorique d’un parc à un instant donné, exprimée en GW ou en MW. La production, elle, mesure l’électricité effectivement produite sur une période, généralement en TWh. Les deux indicateurs se complètent, mais ils ne racontent pas la même chose.

Une part majeure du mix électrique

EDF indique une production d’électricité d’origine nucléaire de 361,7 TWh en France en 2024, en hausse de 13 % par rapport à l’année précédente. La même source mentionne que le nucléaire représente 87 % de la production d’électricité d’EDF en France et 65 % du mix énergétique français dans l’extrait concerné. Ces chiffres montrent le poids du nucléaire dans l’électricité produite en France.

Connaissance des Énergies avance de son côté 373,0 TWh pour la production des centrales nucléaires françaises en 2025, soit 68,1 % de la production d’électricité en France métropolitaine. Ces chiffres confirment le rôle central du nucléaire dans le système électrique français, même si leur comparaison demande de faire attention à l’année, au périmètre et à l’organisme cité. Le même mot, « production », ne recouvre pas toujours le même cadre de calcul.

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Évolutions récentes et comparaison avec le parc mondial

Le parc français a connu deux évolutions marquantes : la fermeture de Fessenheim en 2020 et l’arrivée progressive de l’EPR de Flamanville. La première a réduit le nombre de centrales et de réacteurs en fonctionnement. La seconde augmente la puissance disponible sans ajouter un nouveau site au décompte des centrales. Ces deux événements suffisent déjà à expliquer une partie des écarts de chiffres d’une publication à l’autre.

Sur le plan réglementaire, Connaissance des Énergies rappelle que la loi de 2019 relative à l’énergie et au climat visait une réduction de la part du nucléaire à 50 % à l’horizon 2035. La loi de 2023 relative à l’accélération du nucléaire a ensuite supprimé ce plafond. L’annonce faite en 2022 par Emmanuel Macron portait sur un objectif minimum de 6 EPR 2, avec 8 EPR 2 supplémentaires potentiels.

À l’échelle mondiale, EDF indique 417 réacteurs nucléaires, pour une puissance installée de 377 GW et une production de 2 840 TWh en 2024. Le nucléaire représenterait environ 10 % de l’électricité mondiale. La France reste donc un pays très nucléarisé par rapport à la moyenne mondiale, même si les États-Unis disposent d’un parc plus puissant, avec 96,95 GW selon Connaissance des Énergies. La Chine, elle, comptait 54,15 GW en service au 20 décembre 2024 et 30,8 GW supplémentaires en construction.

Pour vérifier un chiffre, le plus sûr est de demander : parle-t-on des centrales, des réacteurs, de la puissance installée ou de la production annuelle ? Une réponse fiable commence par cette clarification. En France, le repère simple reste le suivant : 18 centrales nucléaires en activité, regroupant 57 réacteurs en service.

Élise Malécot-Bourdelle
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