Écologie & Énergie

Journée mondiale des abeilles 2025 : le 20 mai, six gestes utiles toute l’année

Élise Malécot-Bourdelle 7 min de lecture
Journée mondiale des abeilles 2025 : 20 mai, abeille sur fleurs

La Journée mondiale des abeilles 2025 aura lieu le 20 mai. Cette date permet de mieux comprendre le rôle des abeilles, des bourdons, des papillons et des autres pollinisateurs dans notre alimentation et nos paysages, mais aussi de passer de la sensibilisation à des actions concrètes. Jardin, balcon, école, entreprise ou commune : chacun peut contribuer à préserver leurs ressources et leurs habitats.

Pourquoi le 20 mai est consacré aux abeilles

La Journée mondiale des abeilles est célébrée chaque année le 20 mai depuis 2018, à l’initiative de la Slovénie et avec l’appui de l’ONU. Elle rend hommage à Anton Janša, pionnier de l’apiculture moderne, né en Slovénie à cette date. Le choix du printemps a aussi une portée symbolique : dans de nombreuses régions, les floraisons s’intensifient et l’activité des pollinisateurs devient particulièrement visible.

Testez vos connaissances sur les abeilles

Cette journée ne concerne pas uniquement l’abeille domestique, Apis mellifera, ni la production de miel. Elle attire l’attention sur l’ensemble des pollinisateurs, indispensables à la reproduction de nombreuses plantes sauvages et cultivées. En transportant le pollen d’une fleur à l’autre, ils participent à la formation des fruits, des graines et au renouvellement de la végétation.

La mobilisation du 20 mai répond aussi à une inquiétude durable : le déclin des pollinisateurs fragilise les écosystèmes, l’agriculture et, à plus grande échelle, la sécurité alimentaire. Les causes sont multiples : raréfaction des habitats, manque de fleurs à certaines périodes, pratiques de gestion trop intensives, exposition aux produits phytosanitaires et dérèglements climatiques. La Journée mondiale des abeilles invite donc à regarder au-delà de la ruche et à agir sur l’ensemble de l’environnement dont les insectes ont besoin pour vivre.

Ce que la pollinisation change dans un jardin, un paysage et notre assiette

Une fonction écologique discrète, mais structurante

Les pollinisateurs créent un lien vivant entre les plantes. Leur activité favorise la diversité végétale, qui nourrit à son tour les oiseaux, les petits mammifères et d’autres insectes. Un espace riche en fleurs n’est pas seulement agréable à observer : c’est un milieu où nectar, pollen, abris et sites de reproduction se complètent. Protéger les abeilles revient ainsi à soutenir une chaîne écologique entière.

Journée mondiale des abeilles 2025 : pollinisateurs, fleurs et chaîne écologique de la pollinisation
Journée mondiale des abeilles 2025 : pollinisateurs, fleurs et chaîne écologique de la pollinisation

Dans les vergers, les potagers et les cultures, cette activité conditionne aussi la production de nombreux fruits, légumes et oléagineux. Une pollinisation de qualité dépend de la présence des insectes, mais aussi de la diversité des espèces végétales disponibles autour des parcelles. L’apiculture a sa place, mais elle ne remplace pas la protection des pollinisateurs sauvages, souvent mieux adaptés à certaines fleurs et à certaines conditions climatiques.

Penser les fleurs comme une continuité, pas comme un décor

Le point souvent oublié est celui du relais alimentaire. Une bordure très fleurie pendant deux semaines ne suffit pas si elle est suivie d’une longue période sans nectar ni pollen. L’enjeu consiste à organiser une succession de floraisons : arbres et arbustes précoces au printemps, plantes mellifères au début de l’été, puis espèces tardives jusqu’à l’automne. Cette continuité permet aux insectes de se nourrir et de se déplacer sans traverser de véritables déserts floraux.

Cette logique s’applique aussi bien à un balcon qu’à un grand terrain. Le romarin, la lavande, les asters et le lierre n’ont pas le même calendrier de floraison. Ensemble, ils offrent une ressource plus durable qu’une plantation uniforme. La diversité des formes de fleurs compte également, car tous les pollinisateurs n’accèdent pas aux mêmes corolles.

Participer à la Journée mondiale des abeilles 2025

Le 20 mai peut devenir un point de départ concret plutôt qu’une simple publication sur les réseaux sociaux. Les participations les plus utiles associent découverte, observation et action locale. Une visite de rucher, une porte ouverte chez un apiculteur, un atelier de plantation ou une animation en classe permettent de relier directement la biodiversité à ce que l’on mange et à ce que l’on observe près de chez soi.

Public Action pertinente le 20 mai Effet qui dure après la journée
Particulier Observer les insectes présents et planter des espèces adaptées Mieux choisir les végétaux et éviter les traitements inutiles
École ou centre de loisirs Créer un inventaire des fleurs et des pollinisateurs de la cour Construire un projet pédagogique au fil des saisons
Entreprise ou collectivité Organiser une plantation ou revoir une zone de tonte Installer une gestion plus favorable à la biodiversité
Jardinier ou association Proposer une balade botanique ou un échange de graines Faire circuler les bonnes pratiques dans le quartier

Pour suivre les initiatives institutionnelles, les webcasts et les supports internationaux, consultez la page de la Journée mondiale des abeilles de la FAO. Des événements locaux peuvent aussi être annoncés par les syndicats apicoles, les jardins botaniques, les médiathèques, les associations environnementales ou les communes. Les Journées Internationales de l’Abeille organisées par Ballot-Flurin sont annoncées les 6 et 7 juin 2025, une occasion de prolonger la mobilisation.

6 gestes concrets pour aider les abeilles au quotidien

Les actions efficaces ne demandent pas forcément beaucoup d’espace ni d’équipement spécialisé. Elles reposent surtout sur une meilleure qualité d’accueil : de la nourriture disponible sur la durée, des abris, moins de perturbations et des plantes adaptées au territoire.

  1. Planter des espèces mellifères et nectarifères locales. Privilégiez une variété de fleurs, d’arbustes et d’arbres plutôt qu’un massif composé d’une seule espèce.
  2. Échelonner les floraisons. Vérifiez que des ressources sont disponibles du début du printemps jusqu’à l’automne, avec une attention particulière aux fins de saison, souvent pauvres en fleurs.
  3. Laisser une partie du jardin moins contrôlée. Une zone d’herbes hautes, quelques tiges sèches et un coin de sol nu peuvent servir de refuges à des pollinisateurs sauvages.
  4. Renoncer aux pesticides dans les espaces de vie. Un produit destiné à éliminer un insecte peut toucher d’autres espèces ou contaminer les ressources florales.
  5. Tondre moins souvent et par zones. Une tonte progressive conserve toujours une partie fleurie disponible, au lieu de supprimer toutes les ressources en un seul passage.
  6. Soutenir une apiculture responsable près de chez soi. Acheter du miel local, rencontrer les apiculteurs et s’informer sur leurs pratiques aide à mieux comprendre les réalités du terrain.

Installer un hôtel à insectes peut compléter ces gestes, mais il ne les remplace pas. Sans fleurs variées, plantes hôtes et espaces préservés, un abri reste peu utile. Avant de fabriquer une structure, commencez par améliorer le couvert végétal et limitez les interventions excessives.

Ressources pour prolonger l’engagement après le 20 mai

Pour préparer une animation, sensibiliser des enfants ou organiser une action collective, les ressources pédagogiques sont utiles. La FAO met à disposition des informations sur la Journée mondiale des abeilles, des contenus de sensibilisation et des rendez-vous en ligne. Les webcasts permettent notamment de suivre des échanges sur la pollinisation, l’apiculture, le développement durable et les politiques de protection des pollinisateurs.

  • Consultez les contenus et outils proposés par la FAO pour préparer une activité ou suivre un webcast.
  • Recherchez les programmes des associations apicoles et naturalistes de votre département pour trouver une visite, une conférence ou une porte ouverte.
  • Utilisez un guide de plantes mellifères adapté à votre région pour éviter les végétaux peu intéressants pour les insectes locaux.
  • Créez votre propre checklist saisonnière : observer, planter, laisser fleurir, réduire les traitements et partager vos résultats avec votre entourage.

L’intérêt de la Journée mondiale des abeilles 2025 tient moins à un geste spectaculaire qu’à la répétition de choix simples. Laisser une plante fleurir, diversifier un massif, différer une tonte ou faire connaître un événement local sont des décisions modestes, mais elles rétablissent progressivement les conditions dont les pollinisateurs ont besoin. Le 20 mai est une date de mobilisation. L’impact se construit tout au long de l’année.

Élise Malécot-Bourdelle
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